La CIMADE
Nous vous invitons à la visite de l'exposition sur la 2nd guerre mondiale
En novembre 1942, les forces allemandes franchissent la ligne de démarcation. Le Comité de la Cimade ne peut plus se réunir. La Cimade passe alors d’une présence de solidarité à la résistance. Elle camoufle des gens, aide à traverser des frontières et constitue des états civils et des faux papiers. Un petit secrétariat est organisé 47 rue de Clichy. Madeleine Barot, énergique, organisatrice, crée un réseau de partenaires (Quakers, Croix-Rouge, …) avec lequel elle négocie la création de centres d’accueil de la Cimade pour sortir des internés des camps et les sauver de la mort : Le Coteau fleuri au Chambon-sur-Lignon (avec les pasteurs Trocmé, Theiss), le foyer Marie Durand à Marseille, le foyer YMCA de Toulouse, et d’autres encore dans le Tarn ou près de Tarascon. Suzanne de Dietrich et le pasteur Visser’t Hooft (Secrétaire général du CŒ) organisent des rencontres et la Cimade apporte son témoignage de réalités occultées et difficiles à appréhender. Cela conduit aux thèses du groupe de Pomeyrol en 1942, traitant notamment, des rapports de l’Église et de l’État, du respect des libertés individuelles, de l’antisémitisme. « Tout en acceptant les conséquences matérielles de la défaite, l’Église considère comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre. » « Ce n’est pas la charité que nous avons exercée pendant la guerre, du moins pas seulement ; nous avons voulu exprimer notre solidarité avec les victimes. » (Madeleine Barot).
la suite ... Le Chambon-sur-Lignon
Confrontée à la détresse de l'internement et aux conséquences humaines dramatiques des persécutions antisémites de Vichy et de l'occupant, Madeleine Barot prend l'initiative avec Visser't Hooft, Secrétaire général du Conseil oecuménique, de réunir en septembre 1941 et septembre 1942 des pasteurs protestants à Pomeyrol (Bouches-du-Rhône), afin d'élaborer un ensemble de textes portant sur l'engagement des chrétiens en temps de guerre. Les " thèses de Pomeyrol " rejettent ouvertement le régime de Vichy, le totalitarisme et condamnent le statut des juifs mis en place par Vichy en octobre 1940 et juin 1941. Parallèlement, Madeleine Barot poursuit sans relâche les oeuvres caritatives au sein de la CIMADE ; l'organisme élargit ses activités et ouvre progressivement des centres d'accueil destinés aux internés. Des vieillards, des femmes et des enfants sont hébergés dans ces centres d'accueil, dont le plus célèbre s'appelle Le Coteau Fleuri, situé au village du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. D'autorisée (les anciens internés devaient rester sous surveillance policière), les actions de la CIMADE deviennent peu à peu semi-clandestines, puis complètement clandestines à partir de l'été 1942, dès lors qu'il a fallu faire face aux grandes rafles antisémites et aux déportations des camps du Sud vers Drancy.
la suite ... Dès lors se déroule une période assez calme pendant laquelle le Chambon voit se succéder de nombreux pasteurs : Joseph Villon, Antoine Faucher, David Blanc, Isaac Meissonnier, Jean de Tournes, Jean Homme. Les fidèles possèdent un temple depuis 1604 situé au "creux du temple". Puis une difficile période commence vers 1680 : le temple est démoli ; on tracasse les huguenots qui veulent résister comme le cadet Molle. On connaît les dragonnades. Quelques fidèles s'exilent, d'autres sont condamnés aux galères comme Jean Riou ou Jean Molle, d'autres sont enfermés comme Françoise du Chambon et Marie de la Roche de la Chabannerie dans la tour de Constance. Des laïcs, prédicants tels Matthieu Duny, Barriol de Charreyrial raniment le courage et donnent de l'espérance. Des inspirés tel Jean Eyraud ou Lucréce Claire prennent la parole aux premières assemblées. A partir de 1726 les ministres, Pierre Durand, Mathieu Duvernet, Pierre Peirot, Fauriel Lassagne, Désubas, Dunières, Alexandre Duvernet tiennent d'innombrables assemblées clandestines à Peybernenc, au vallon de Sayères, au Pin, à la Pierre de la Lune, à Ronsaveaux. Finalement en 1787 lorsque l'Edit de Tolérance accorde aux Prétendus Réformés un état civil, on peut constater, sur les registres de réhabilitation des mariages que le protestantisme chambonnais est sorti sain et sauf d'une tourmente qui devait en principe l'anéantir. Le XIXème siècle a été pour cette communauté un siècle de tranquillité pendant lequel bien des réveils ont pu assez librement s'exprimer. Vers 1820 quelques paroissiens adhérent à "l'Église libre" dont le centre culturel est au Riou dans la commune du Mazet-Saint-Voy. A partir de 1840 le mouvement darbyste se développe et entraîne de nombreux fidèles. L'Armée du Salut crée aussi une "citadelle" importante au Chambon à la fin du XIX siècle. A la tête de l'Église Réformée, se succèdent des pasteurs de valeur : Etienne Adhéran, J.P. Valloton, Louis Bertrand, Marc du Pasquier, Charles Guillon, Roger Casalis, André Trocmé et Edouard Theis. Terre d'accueil et de refuge : Un tel passé a permis au Chambon de devenir une terre d'accueil et de refuge. Dès la fin du XIXème siècle l'oeuvre des Enfants à la Montagne envoie chaque année au bon air plusieurs centaine de jeunes de la Loire. En 1914, le village héberge des réfugiés alsaciens, et de 1936 à 1940 des républicains espagnols. De 1939 à 1944, le Chambon et les villages alentours du Mazet Saint-Voy, Freycenet Saint-Jeures, Fay-sur-Lignon, Devesset, Tence, Saint-Agrève, deviennent une nouvelle terre d'asile pour les réfugiés et les maquisards. Face au temple, une plaque commémorative rend discrètement hommage aux habitants du Plateau pour leur hospitalité périlleuse de 1939/1944 envers les persécutés.
Voir le site de l'Office de tourisme Copyright © Mairie Le Chambon sur Lignon
Côté Histoire
La Région
Quelques éléments d'introduction
Un portrait : Madeleine Barrot
Le village est bâti en bordure d'un méandre de la rivière du Lignon. Il s'est établi très tôt sur les terres alluviales et les pâturages des "champs bons". Le Chambon est cité pour la première fois en 1259 dans les textes connus. Ce n'est qu'une toute petite paroisse possédant une église dédiée à Notre-Dame et le siège d'un prieuré. A la même époque, dominant la vallée du Lignon le château de Beaujeu renferment dans ses murs, la cinquième ville close du Velay avec six cents feux. De ce passé il ne reste que des pierres disséminées dans les murs des hameaux voisins et le souvenir de quelques légendes. Moins de deux siècles plus tard, la Réforme s'implante solidement dans la paroisse, transmise certainement dès 1530 par des colporteurs pénétrant le Velay par les coulées de l'Ardèche et de l'Eyrieux. Ces épousailles subites et complètes entre tout un corps social et la nouvelle religion substituent une Église à l'autre vers 1562. Malgré les persécutions et les guerres religieuses la paroisse huguenote reste bien vivante. Rappelons que dans les jours précédant la Saint-Barthélemy, l'évêque du Velay, Sénéctère prévient les protestants vellaves que " l'intention du roi est que 1es religionnaires cessent leurs prêches et aillent à la messe et qu'il aurait les moyens de les faire obéir s'ils ne se montrent pas tels que sa majesté le désire ". En étant ainsi prévenus les huguenots ont tous la vie sauve. Il n'y a donc pas de Saint-Barthélemy vellave en 1572. L'Edit de Nantes autorise l'existence dans le Velay de deux lieux de culte, ceux du Chambon et de la proche paroisse de Saint-Voy.
Exposition
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